De la coordination à domicile au management en clinique : le parcours de Sabrina, infirmière coordinatrice

Sabrina, 44 ans, infirmière depuis quinze ans, a suivi la formation certifiante Devenir IDEC de Booster de Carrière pour devenir infirmière coordinatrice. Elle coordonne aujourd'hui un équipe de soignants qui accompagnent 80 usagers dans une clinique de santé mentale. La formation lui a apporté les outils du management des humaines et des risques, ainsi que des outils d’organisation de son propre temps.  À noter que le planning n'est qu'une petite partie du métier. Interview à voir sur Youtube.

Trois semaines après sa prise de poste, elle raconte ce que la formation a changé pour elle, comment elle a trouvé son poste, et ce qu'elle dirait à celles qui hésitent encore.

Pourquoi devenir infirmière coordinatrice après vingt ans de soin ?

Sabrina a 44 ans et vingt ans de paramédical derrière elle. Elle a commencé comme aide-soignante, puis a exercé quinze ans comme infirmière, en service hospitalier puis en coordination.

En 2015, son service d'infectiologie ferme. Un prestataire de perfusion à domicile lui propose un poste d'infirmière conseil coordinatrice. Pendant près de huit ans, elle organise les retours à domicile des patients, en lien avec la pharmacie, les médecins, les infirmières libérales et les familles.

Le déclic arrive quand la manager de son équipe s'absente plusieurs mois. Comme elle est la plus ancienne, Sabrina prend le relais. « J'étais sur le terrain et je coordonnais l'équipe. Ça m'a donné l'idée de me former pour être vraiment infirmière coordinatrice. »

Son objectif était précis : quitter le monde du prestataire pour occuper un vrai poste de manager dans une structure de soins, en EHPAD ou en clinique.

Qu'apporte une formation d'infirmière coordinatrice ? « Sans la formation, j'aurais été noyée »

Sabrina ne cherchait ni un titre, ni une reconnaissance. La coordination, elle savait la faire. Ce qui lui manquait, c'était le management.

Pendant son intérim, elle avait fait ce que font beaucoup de soignantes promues du jour au lendemain : « On fait au feeling. On n'a pas de formation, donc on fait comme bon nous semble. » Avec le recul, elle sait ce qu'elle aurait fait différemment. « Quand on n'a pas les clés, on reproduit ce qu'on voit. » Aujourd'hui, elle réunirait l'équipe pour expliquer les décisions au lieu de les prendre à l'écart.

La formation a aussi remis en cause une idée reçue. « Quand on dit qu'on est infirmière coordinatrice, on pense qu'on va faire des plannings. Ce n'est pas du tout ça. » Le planning représente selon elle « la plus petite partie » du métier. L'essentiel, c'est de coordonner les équipes, de les accompagner et de régler les problèmes du quotidien.

Parmi les modules qui l'ont marquée, elle cite la gestion de projet, le quotidien de l'IDEC, et surtout les visios sur le management, construites autour de nombreux cas concrets. « C'est la formation qui m'a permis de me positionner en tant que manager. Le manager que je voulais être. »

À quoi ressemble le quotidien d'une infirmière coordinatrice ?

L'infirmière coordinatrice (IDEC) organise les soins et encadre l'équipe soignante d'une structure : EHPAD, clinique, service de soins à domicile.

Depuis le 14 septembre, Sabrina coordonne les soins de 80 patients dans une clinique de santé mentale spécialisée en réhabilitation. Elle encadre une équipe de 30 à 40 personnes : agents de service, aides-soignants, infirmiers, dont l'infirmier de nuit, et vacataires.

Ses journées suivent une organisation simple :

  • Le matin, dans les services, jusqu'à 11 h 30 ou midi. Elle accompagne les équipes, suit les entrées et les sorties, et participe aux synthèses avec les deux psychiatres, deux fois par semaine.
  • L'après-midi, au bureau : les mails, les imprévus, et environ une heure de planning.
  • Chaque jour, 20 à 30 minutes de comité de direction, avec en plus la préparation de la certification de l'établissement prévue en juin 2027.

Elle travaille en binôme avec une cadre de santé, qui prend en charge l'administratif et les audits. Et sa porte reste ouverte : « Il y a toujours quelqu'un dans le bureau. »

Pour ne pas être débordée, elle applique un outil vu en formation : un tableau des priorités, fait chaque jour sur une simple feuille. Ce qui est urgent, ce qui peut attendre, ce qui peut être délégué. Quand on l'appelle en réunion, elle pose une question : « Est-ce que c'est important ? Tu as besoin de moi ? Non ? Alors délègue. »

La psychiatrie est une spécialité qu'elle n'avait jamais pratiquée. Elle s'appuie sur les soignants expérimentés de l'équipe et n'hésite pas à questionner les psychiatres. « Toute question se pose. On ne paraît pas bête, et même si c'est le cas, ce n'est pas grave. »

Peut-on se former à distance sans mettre sa vie entre parenthèses ?

La formation Devenir IDEC alterne e-learning, visios et rendez-vous individuels. Pour Sabrina, c'était un vrai avantage : « On s'organise comme on veut. On n'a pas le trajet, on se met devant son ordinateur. »

À distance, mais pas seule : « On est suivi comme en présentiel, si ce n'est mieux. » Les devoirs sont corrigés chaque semaine, un chat permet de poser ses questions, et des rendez-vous individuels sont proposés tout au long du parcours. « On se sent soutenu. »

Elle insiste quand même sur un point : garder une cadence régulière sur toute la durée de la formation, sans se laisser submerger par les cours.

Côté inscription, la prise en charge de sa formation devait passer par France Travail, et les places se remplissaient vite. Elle a fait les démarches pour que tout soit prêt à temps. « Quand on veut absolument quelque chose, on peut le faire. »

Elle a terminé les cours début juillet. Il lui reste la dernière étape : son mémoire et sa certification finale, qu'elle prévoit de passer une fois installée dans son poste. « Et la boucle sera bouclée. »

Comment trouver son premier poste d'infirmière coordinatrice ?

Sabrina a suivi le plan d'action de recherche d'emploi proposé pendant la formation, étape par étape. Elle a passé de nombreux entretiens : deux en EHPAD, un en soins de suite et de réadaptation, un pour un poste de coordination qui ne correspondait pas à ce qu'elle cherchait. Elle y est allée quand même, pour s'entraîner.

Elle a aussi refusé des postes. « Je n'ai pas matché avec la direction. On n'avait pas les mêmes valeurs. » Pour elle, l'entente avec la direction est essentielle, puisqu'une infirmière coordinatrice travaille chaque jour avec le comité de direction.

Son constat étonne souvent : c'est quand elle a un peu relâché la pression que les appels sont arrivés. Les directions ont leurs propres contraintes, et un CV sans réponse ne veut pas forcément dire non.

Elle rappelle aussi qu'un premier poste d'IDEC reste un premier poste. « On a de l'expérience en tant qu'infirmière, mais en tant qu'IDEC, c'est notre premier poste. On peut facilement se dire qu'on est sous l'eau. » Dans ces moments-là, elle revient aux outils de la formation.

Son conseil à celles qui hésitent

« Si on est vraiment motivée pour faire cette formation, il faut y aller. On n'a pas besoin de se poser trois milliards de questions. »

Elle reconnaît qu'il y a des moments de doute, « et c'est normal ». Mais la formation est accessible, même sans être à l'aise avec l'informatique : « Il ne faut pas être un super héros de l'ordinateur. » Pour elle, ce qui compte avant tout, c'est de se faire confiance : « On connaît nos capacités en tant qu'infirmière. C'est la formation qui va nous donner les outils pour le poste d'IDEC. »

Et pour conclure : « Quand on est motivée, tout est possible. »


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