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L'infirmière coordinatrice pompier : mythe ou réalité inéluctable?


 

Pour certaines, la performance d’une IDEC est encore implicitement associée à sa capacité à réagir vite, à être disponible en permanence et à absorber les imprévus du quotidien.
Cette représentation alimente une figure bien connue sur le terrain : l’IDEC “pompier”, toujours en intervention, toujours sollicitée. Fatiguée et fière de ce quotidien.

 

Mais cette vision de la performance correspond-elle réellement à une nécessité de performance et aux attentes de l'encadrement et de notre public ?
Et surtout, est-elle soutenable dans un contexte marqué par une rareté croissante de temps et de ressources humaines ?

Un contexte de rareté qui redéfinit le rôle de l’IDEC

Le travail des IDEC s’inscrit aujourd’hui dans un environnement sous forte tension :

  • équipes incomplètes ou fragilisées

  • turn-over accru

  • exigences organisationnelles plus complexes

  • attentes élevées en matière de coordination et de qualité

Dans ce contexte, le temps devient une ressource rare, tout comme la disponibilité humaine.
La fonction de coordination est alors prise dans une contradiction permanente : assurer la continuité tout en manquant des moyens pour structurer durablement.

Le mythe du pompier : une réponse immédiate, mais coûteuse

Face à cette réalité, beaucoup d’IDEC développent une posture de réaction constante.
Chaque urgence appelle une réponse rapide, chaque imprévu est traité en priorité, chaque dysfonctionnement est compensé.

À court terme, cette posture donne l’impression d’être efficace.

  1. À moyen et long terme, elle entraîne :
  2. une fragmentation extrême des journées

  3. une accumulation de micro-décisions

  4. une impression de ne jamais finir ce qui est commencé

  5. une charge mentale élevée

Le mythe du pompier repose sur une confusion : agir vite n’est pas toujours agir juste.

L’éparpillement : un symptôme organisationnel, pas individuel

L’éparpillement ressenti par de nombreuses IDEC et direction

  1. Il est souvent le symptôme d’un système où :
  2. tout semble prioritaire

  3. les interruptions sont constantes

  4. l’anticipation est sacrifiée au profit de l’urgence

  5. le rôle IDEC manque parfois de limites claires

Lorsque chaque sollicitation est traitée au même niveau, la coordination perd en lisibilité et en efficacité.

Performance IDEC : sortir de la logique du « tout, tout de suite »

Redéfinir la performance IDEC devient indispensable.
Être performante ne signifie pas :

  • répondre immédiatement à toutes les demandes

  • être disponible sans limite

  • compenser en permanence les manques structurels

Une performance durable repose davantage sur la capacité à :

  • distinguer l’urgent de l’important

  • faire des choix conscients, même imparfaits

  • accepter que certaines tâches puissent attendre

  • structurer son action dans le temps

Cette posture demande plus de lucidité que de réactivité.

Le coût caché de l’éparpillement

Lorsque l’éparpillement devient la norme, ses effets se font sentir au-delà de l’IDEC elle-même :

  • décisions prises dans l’urgence, parfois au détriment de la cohérence globale

  • répétition des mêmes dysfonctionnements

  • fatigue chronique

  • difficulté à prendre du recul

À terme, c’est la qualité de la coordination et la capacité de l’organisation à se stabiliser qui sont impactées.

Revenir à l’essentiel du rôle IDEC

La fonction IDEC ne consiste pas uniquement à résoudre des problèmes immédiats.
Elle vise aussi à :

  • créer des repères pour les équipes

  • fluidifier l’organisation

  • prévenir les situations de crise

  • soutenir une dynamique collective

Pour cela, il est nécessaire de reprendre sur notre quotidien et de clarifier nos priorités.

Une autre vision de la performance est possible

Sortir du mythe du pompier ne signifie pas se désengager.
Cela signifie choisir une performance qui dure, capable de s’adapter à un contexte contraint sans épuiser celles qui portent la coordination. II faut savoir dire non au petit pompier en nous... et à notre besoin de reconnaissance immédiate.

 

En acceptant un poste à responsabilité nous acceptions d'attendre pour voir les résultats de nos journées ce qui est très différent des journées IDE parfaitement et totalement bouclées.

Cette évolution de la conception et de la réalisation de nos journées ne reposent ni sur la motivation individuelle, ni sur la bonne volonté seule.
Elle passe par des repères concrets, une organisation pensée, et des choix assumés.

Quand l’éparpillement devient un mode de fonctionnement il ne se résout pas par l’effort supplémentaire, mais par une manière différente d’organiser et de prioriser son action.

Dans un article de la semaine prochaine je vous partage une check list sur ce sujet justement.

 

Et vous elles sont comment vos journées ?


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